HISTORIQUE

        Baconnes est un tres vieux village, assis entre les deux voies romaines, de Reims a Verdun, et de Reims a Bar-le-Duc, a mi-chemin entre Reims et Chalons en Champagne. Ce village a passe longtemps, sans doute a tort, pour la station Basilia de l'itineraire d'Antonin. Il est mentionne aussi dans le polytique de Saint Remy : " Mansus Domminicatus in Baconna ".

        La seigneurie appartint a la Commanderie du Temple de Reims et passa, a l'extinction de cet ordre, aux Chevaliers de Saint-Jean de Jerusalem. Au mois de juin 1257, Guillaume le Sec, gendre de Guy, Senechal hereditaire de l'Archeveche de Reims, vendit a l'Archeveque, outre le quart de la seigneurie de Thuisy, tout ce qu'il possedait a Baconnes du chef de sa femme.

        En 1691, le village possede 46 feux (foyers) et 24 laboureurs (possesseurs de terre). Ces chiffres sont comparables a l'epoque, a ceux de Livry, Louvercy et Mourmelon le Grand.

        Sur le territoire existait la cense Pontvray, du cote du village d'Auberive, en haut du lieu-dit Rouvroy, laquelle existait encore au commencement du XVIIIe siecle et ou etait une chapelle, des ruines de laquelle on tira des pierres pour les remparts de Reims.

        Baconnes etait entoure de remparts ou fosses encore visible dans la partie Sud-Est du village. L'origine de ces remparts est assez controversee. Ils semblent Gallos-romains et contemporains de l'Oppidum de la Cheppe. Certains affirment que Baconnes fut fortifie en 1578 comme certains villages du bord de la Suippe. D'autres, enfin, pensent que les fosses protegeaient le village des inondations.

        Une legende rapportee par Jules Romain dans son livre " Les hommes de bonnes volonte, Verdun et Prelude a Verdun " dit que les habitants de Baconnes descendent d'une horde de Huns qui se serait retranchee et perpetuee en vase clos a Baconnes apres la deroute des Champs Catalauniques.

        Baconnes fut detruit a 80% entre 1914 et 1918 et 14 de ses fils ne revinrent pas de la guerre. La commune a recu la Croix de Guerre.

        A la reconstruction, la mare, qui occupait toute la place, fut rebouchee avec des decombres et le monument aux morts fut edifie sur une partie de l'emplacement de cette mare. L'electricite et l'eau sous pression furent installees des 1925.

 

 

 

L'EGLISE

        L'Eglise de Baconnes, monument classe, est dediee a Saint Memmie. Elle est massive et batie en carreaux de craie et en pierre.

        La nef, sans grande beaute et sans style apparent, n'a ni bas-cotes, ni piliers. Elle se reduit a une salle plafonnee, percee d'une rangee de fenetres plein-cintres, trois de chaque cote.

        Le chour, arrondi en cul de four, est d'un roman assez archaique, bien qu'il ne doive pas remonter au-dela du XIIe siecle. Ce style roman s'affirme avec la croisee du transept que soutiennent quatre lourds massifs de colonnettes, munies de chapiteaux d'execution soignee. En guise de croisillons, deux petites chapelles tres basses et exigues, voutees de larges ogives, sans cle de voute, eclairees l'une par un oculus et l'autre par une petite fenetre romane.

        L'abside, tres reduite, est ajouree par trois fenetres plein cintre et voutee de branches d'ogive qui s'arretent sur des consoles placees entre les fenetres. Le portail occidental se reduit a une porte plein cintre surmontee d'un oculus.

        La tour, a batiere, mais d'un forme tres particuliere, large et courte, est comme ecrasee. Chacune de ses faces, sauf a l'Ouest, est ouverte par des baies, en nombre inegal : une au Sud et a l'Est, deux au Nord, geminees, sur des colonnettes ornees de chapiteaux a palmettes.

        La cloche pese environ 400 kg, elle est fort ancienne et porte la date de 1508. Il y est inscrit les noms de Maitre Thomas Martin, cure de Baconnes, Remi Charpentie, Domance Francoise Catherine Raulet et encore KATRINE qui pourrait bien etre son nom de bapteme.

        On se demande comment elle a pu prendre place dans son vieux clocher qui ne porte aucune trace de son passage.

 

EVOLUTION DE L'AGRICULTURE

        L'agriculture restait tributaire de la pauvrete du sol. L'on disait aux alentours que les corbeaux, quand ils traversaient le terroir de Baconnes, etaient obliges de prendre leur musette ! En hautes terres (eloignees du village) se pratiquait l'assolement triennal : seigle, avoine, jachere. Dans les basses terres, le ble remplacait le seigle ; la luzerne et le trefle fournissaient le fourrage pour les animaux, associes a la betterave fourragere. Le chanvre etait cultive dans les " chanvrieres ", entre le village et les fosses et il existait de nombreux metiers a tisser.

        La seconde guerre mondiale epargne Baconnes et, des 1945, c'est l'explosion de l'agriculture. La mecanisation (tracteurs et moissonneuses-batteuses), le travail en groupe, l'emploi des engrais, des desherbants, des semences selectionnees, l'extension de la betterave sucriere, font qu'a Baconnes, comme dans toute la " Champagne Pouilleuse ", les rendements n'ont rien a envier a ceux de la Brie, de la Beauce ou de la Picardie.

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